AI accuse les Janjawid de commettre des exactions au Darfour

Paris- France (PANA) -- L'organisation non gouvernementale internationale Amnesty International a accusé jeudi les forces soudanaises et les milices Djanjawid de semer la mort et la destruction au Darfour, dans un communiqué dont copie est parvenue à la PANA.
"Les milices armées Janjawid soutenues par les forces armées du gouvernement soudanais se sont rendues responsables de violations massives des droits humains contre la population civile du Darfour", ont déclaré des délégués d'AI de retour d'une mission d'investigation auprès des réfugiés soudanais au Tchad.
   "Les Janjawid, portant souvent des uniformes militaires et accompagnés de soldats, ont attaqué chaque village non seulement une fois, mais souvent trois ou quatre fois avant que la population ne prenne la fuite", affirment les envoyés d'AI.
   Les délégués relèvent au passage "deux séances d'exécutions extrajudiciaires à grande échelle" auxquelles ont procédé les forces de sécurité et les Janjawid dans les localités de Murli et de Deleij.
Selon AI, deux mois après l'accord de cessez-le-feu du 8 avril entre le gouvernement soudanais, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement justice et égalité (JEM), rien n'a changé dans "la situation désastreuse que subissent chaque jour les civils du Darfour et les réfugiés du Tchad oriental".
Les délégués de l'ONG internationale ont confirmé le pillage et la destruction des villages qui ont conduit au déplacement forcé de la population rurale du Darfour.
AI appelle la communauté internationale à traduire son inquiétude par "des changements réels sur le terrain" en donnant à l'Union africaine les soutiens politiques et logistiques nécessaires pour l'aider à agir efficacement et demande aux bailleurs de fonds du Darfour que la protection des civils fasse l'objet des mêmes mesures d'urgence que l'aide humanitaire.
Les délégués ont indiqué que le gouvernement soudanais n'a pour l'instant pris aucune mesure concrète pour arrêter "le cycle horrifiant d'homicides et de viols" commis par les milices à l'encontre de la population civile du Darfour et, "au lieu de s'attaquer à l'impunité des Janjawid, le gouvernement les intègre dans son armée".
"La violence contre les civils ne constitue pas seulement une infraction aux normes internationales relatives aux droits humains, elle apparaît aussi, fréquemment, comme une tentative délibérée d'humilier les populations et de détruire leur tissu social", ont déclaré les délégués d'AI, affirmant qu'ils ont entendu des récits faisant état d'homicides sommaires et systématiques de civils, jusque dans des mosquées, de viols de femmes et de fillettes sous les yeux de leurs maris ou de leurs parents, ou encore de vieilles femmes brûlées dans leurs maisons.
Amnesty International renouvelle par ailleurs sa demande pour que soient envoyées en place des observateurs des droits humains possédant "une certaine expertise dans le domaine du genre et du traitement des violences sexuelles", avec mandat du Haut- commissaire aux droits de l'Homme des Nations Unies, pour surveiller de près" la situation des droits humains au Darfour.

04 juin 2004 10:34:00




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