Afrique du Sud : Les lecteurs s'arrachent le dernier livre sur Mandela

Le Cap, Afrique du Sud (PANA) – En plus du best-seller internationalement salué, "La Longue Marche vers la Liberté", un nouvel ouvrage sur Mandela publié cette semaine par son ex-secrétaire, Zelda la Grange, se vend comme des petits pains.

Mme La Grange a publié ses mémoires sur M. Mandela, l'icône mondiale qui a transformé l'histoire politique de l'Afrique du Sud et les plus grands libraires d'Afrique du Sud ont confirmé à la PANA qu'il "se vendait comme des petits pains".

Intitulé "Good Morning, M. Mandela", c'est une chronique de la manière de vie de Mme La Grange et tout ce en quoi elle croyait a été transformé par le prisonnier devenu homme d'Etat.

Elle a grandi en tant qu'Afrikaner blanche qui soutenait les règles de la ségrégation raciale.

De 1994 à 1996, Mme La Grange a occupé un poste de dactylo à l'Union Buildings de Pretoria, où M. Mandela l'a prise sous son aile.

Dans son livre, elle rappelle le moment où elle est tombée sur lui pour la première fois : "Il m'a tendu la main et a serré la mienne. J'étais embarrassée et je n'étais pas sûre que c'était la meilleure façon pour moi de le saluer. J'ai dit "Bonjour, M. Mandela. On ne sait pas vraiment quoi faire en de tels moments sinon pleurer. Ce que j'ai fait. C'était trop fort. Je sanglotais".

Peu après, l'icône mondiale en a fait sa secrétaire particulière et quand il a quitté ses fonctions en 1999, il l'a nommée comme assistante personnelle et porte-parole officielle de la Fondation Nelson Mandela.

L'ouvrage révèle également les détails scabreux de querelles familiales alors que M. Mandela était à la fin de sa vie l'année dernière. Mme La Grange soutient que le personnel et la famille de M. Mandela étaient placés sous surveillance par les services de renseignements alors que les parties en conflit utilisaient les ressources de l'Etat pour contrôler la vie de M. Mandela.

De ce fait, Mme La Grange qui a travaillé pour M. Mandela pendant 19 ans, a été exclue du cercle de ses proches les derniers mois avant sa disparition en décembre dernier.

Mme La Grange a indiqué qu'elle soupçonnait que les téléphones de M. Mandela et de son épouse Graca Machel avaient été mis sur écoute afin de surveiller les conversations confidentielles sur l'ex-président.

Mme La Grange s'en prend également dans son livre aux fidèles du président Jacob Zuma, qu'elle accuse d'avoir traité l'icône malade "comme un animal en cage", quand ils voulaient se faire photographier avec lui.

Mme La Grange écrit que la fille aînée de M. Mandela, Makaziwe, avait surnommé Graca Machel "Ms Frantic" (Mme Hystérique) pour la manière dont elle avait réagi quand une ambulance transportant son époux malade à l'hôpital, était tombée en panne sur une autoroute l'année dernière. Et qu'après le décès de M. Mandela, elle avait été obligée d'obtenir une accréditation pour assister au service funèbre et n'avait pu se faire accompagner que par quatre membres de sa famille.

"Cela tournait à la farce. Si nous pouvions à peine obtenir des accréditations pour la veuve de M. Mandela et ses enfants pour assister au service funèbre, il était presque impossible que quelqu'un d'autre en obtienne", poursuit Mme La Grange.

Ainsi, des amis proches comme l'archevêque Desmond Tutu et Oprah Winfrey ont eu du mal à obtenir des accréditations. Alors que Makaziwe a menacé de poursuivre Mme La Grange en justice, son autre fille, Zindzi, a assisté au lancement du livre à Johannesburg, jeudi, et a rendu hommage à l'auteure, en déclarant que son défunt père aurait bien accueilli cette publication.

"Tout le monde sait bien que quand Tata (Père) était interrogé sur la manière dont il souhaitait que l'on se souvienne de lui, il disait souvent que c'était aux gens de décider par eux-mêmes".

Le petit-fils de M. Mandela, Mandla, qui a également assisté au lancement du livre, a déclaré que Mme La Grange "a raconté une merveilleuse histoire".

Zelda La Grange est déjà critiquée pour avoir révélé des secrets de famille, mais on reconnait lui devoir également d'avoir exposé la manière dont le plus grand fils de l'Afrique du Sud a été traité quand il ne pouvait plus se défendre.

-0- PANA CU/VAO/FJG/IS/SOC 21juin2014

21 juin 2014 15:39:25




xhtml CSS