Accord de supervision du cessez-le-feu au Darfour

Addis Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le gouvernement soudanais et les principales composantes de l'opposition ont signé un accord portant création d'une Commission du cessez-le-feu et ont aussitôt entamé des discussions sur la manière dont elle va mener ses activités dans cette région ravagée par la guerre.
La Commission du Cessez-le-feu, sous l'autorité d'une personnalité désignée par l'Union africaine, comprendra quatre autres membres représentant l'Union européenne (vice-président), le Tchad, le Gouvernement du Soudan et les rebelles du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM) ainsi que du Mouvement/Armée de Libération du Soudan (SLM/A).
Le Commissaire de l'UA pour la Paix et la Sécurité, Said Djinnit, qui avait présidé la consultation de deux jours ayant mené à la conclusion de l'accord, a affirmé que l'Union dépêcherait dès mercredi prochain, le premier groupe d'observateurs à Khartoum et dans la ville d'Al-Fashir, dans le Darfour.
Il a indiqué que le déploiement du groupe qui comprendra deux officiers militaires et sept observateurs de la Commission de l'UA, a l'intention de "garantir une visibilité immédiate" de la Commission du Cessez-le-feu dans le Darfour.
Après son déploiement, la Mission de Supervision de l'UA sera le bras opérationnel de la Commission du Cessez-le-feu.
Elle intègrera des observateurs des deux parties, l'équipe des médiateurs tchadiens, les Etats membres de l'UA et des représentants de la communauté internationale.
S'exprimant au nom des deux mouvements rebelles à l'occasion de la cérémonie de signature, le représentant du JEM, Ahmed Mohamed Tugod Lissan, a donné des assurances sur leur engagement en faveur du respect des termes de l'Accord de Cessez-le-feu signé le 8 avril 2004, à N'djamena, au Tchad, ainsi que du dernier accord.
"Les populations du Darfour ont beaucoup souffert, pas seulement en raison du conflit actuel, mais au regard de l'histoire du Soudan.
Elles ont été marginalisées et ont souffert du fait de plusieurs facteurs qui échappaient à leur contrôle", a mentionné M.
Lissa.
Le représentant permanent du Soudan auprès de la Commission de l'UA, l'ambassadeur d'Ethiopie, Osman Elsaid, qui avait signé l'accord au nom de son gouvernement, a déclaré : "La paix et la sécurité doivent prévaloir dans le Darfour.
Le Darfour restera partie intégrante du Soudan, Inch' Allah".
La Commission du cessez-le-feu aura son siège à Al-Fashir et, selon les termes de l'accord, les observateurs militaires de l'UA dans la région seront légèrement armés.
Les autorités soudanaises, de même que le JEM et le SLM/A, sont tenus de garantir la protection et la sécurité des observateurs, qui devraient jouir d'une totale liberté de mouvement et d'accès sur l'ensemble du territoire du Darfour.
Dans le cas où ces parties n'arriveraient pas à créer des conditions de sécurité, l'unité de protection formée de 100 à 300 hommes, sera mise sur pied par les Etats membres pour prendre en charge cette mission.
Les membres de la Commission de Cessez-le-feu assureront le suivi de l'application de l'accord de cessez-le-feu et rendront compte des conditions de sa mise en oeuvre.
Ils seront également chargés d'instruire tous les cas de violation dudit accord.
La Commission sera également chargée d'une mission cruciale, celle de renforcer la confiance dans la région et elle visitera les sites abritant des personnes déplacées.
L'ambassadeur Mitine Djoumbe du Tchad, a expliqué que l'équipe de médiation de son pays pour la crise du Darfour "est satisfaite que les représentants du gouvernement soudanais et des partis d'opposition se soient comportés d'une manière qui a permis cet heureux dénouement".
Pour sa part, l'Union européenne s'est réjouie des engagements pris par toutes les parties.
"Il s'agit d'un événement considérable pour le Soudan", a déclaré un représentant de l'UE, notant que l'accord du Darfour est intervenu au lendemain de l'accord conclu cette semaine, à Naivasha, au Kenya, entre Khartoum et son principal adversaire, le Mouvement/Armée de Libération du Peuple du Soudan (SPLM/A).
Le responsable européen a encore expliqué que le même jour, l'UE examinait la crise du Darfour à Bruxelles et lançait le processus de recrutement des observateurs et du personnel de la mission de supervision dans la région.
Parallèlement, les Etats-Unis ont promis un appui financier et logistique et en termes de ressources humaines, afin de faciliter le déploiement des observateurs et le suivi du cessez-le-feu dans le Darfour.
Un représentant des Etats-Unis à la réunion, a aussi observé que pour assurer la présence des superviseurs internationaux sur le terrain, dans le Darfour, "il faudra consentir un énorme effort".
La Ligue des Etats arabes a enfin annoncé qu'elle fournirait un appui substantiel aux efforts de déploiement de l'équipe des observateurs dans le Darfour.

29 mai 2004 12:53:00




xhtml CSS