70% d’auto-stigmatisation chez les porteurs du virus du SIDA au Sénégal (Réseau des PvVih)

Dakar, Sénégal (PANA) - Environ 70% des Personnes vivant avec le Vih SIDA (PvVih) sont dans une situation d’auto-stigmatisation, a appris mardi la PANA auprès de M. Amadou Moustapha Dia, président du réseau des associations des PvVih.

« On parlait de stigmatisation et de discrimination des PvVih sans se baser sur des évidences, mais avec Gnp (Global Network of people living with Hiv), nous avons fait des études et nous avons des chiffres clairs. Malgré tout le travail de sensibilisation et de plaidoyer qui est fait, nous avons trouvé qu’il y a 38,8% des porteurs du virus du SIDA qui disent encore être victime de stigmatisation. Mais l’autre résultat très important qui nous engage personnellement, c’est qu’on nous dit qu’il y a 70% d’auto-stigmatisation», s’offusque M. Dia qui se demande comment les patients qui se cachent et cachent leurs statuts vont-ils pouvoir mener le combat contre la stigmatisation et la discrimination toujours vivaces au Sénégal.

Le président du réseau des PvVih du Sénégal ajoute que ceux qui adhèrent aux associations ne constituent pas plus du dixième des patients.

« C’est un problème qui nous engage et c’est pourquoi nous nous battons pour réduire ce taux d’auto-stigmatisation pour pouvoir mieux s’attaquer à la stigmatisation», indique  M. Amadou Moustapha Dia. D’après ses propos, le réseau a déjà fait beaucoup de progrès en mettant en place, dans tout le Sénégal, 42 associations de PvVih. Il a également précisé que chacune des 14 régions du pays compte au moins une organisation.

Mais le plus grand problème, d’après M. Dia, c’est l’insuffisance de moyens mis à la disposition de l’organisation pour mener à bien ses activités. « Nous avons interpellé les partenaires  qui nous accompagnent dans le financement de nos activités pour qu’ils comprennent qu’il est temps de revoir notre budget. Aller à l’intérieur du pays pour nos actions demande des moyens beaucoup plus conséquents que ce que nous recevons actuellement», se plaint-il.

Amadou Moustapha Dia rappelle que la lutte contre le SIDA est financée à 80% par le Fonds Mondial et les 20% restant sont pris en charge par l’Etat du Sénégal.  Il craint qu’un jour ce budget déjà insuffisant soit revu à la baisse.  « On apprend des difficultés au niveau du Fonds Mondial et dans le même temps, on nous fait comprendre que le Sénégal n’est plus une priorité du fait de son taux de prévalence très bas (0,7%). Mais ceci n’exclut pas que le Vih est toujours une réalité dans le pays », souligne-t-il.  

En prévision d’une éventuelle diminution des financements étrangers, le président du réseau des associations des personnes vivant avec le virus du SIDA, invite l’Etat à penser à des stratégies de recherches de financements domestiques.
-0- PANA KARL/BEH/IBA   02décembre2014

02 décembre 2014 14:15:13




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