64% des cas de violence basés sur le genre touchent les femmes, selon une étude

Dakar, Sénégal (PANA) - Les violences basées sur le genre touchent les femmes dans 64% des cas, révèle une enquête du Groupe d’études et de recherches genre et sociétés (GESTES), rendue publique jeudi à Dakar.

Les résultats de l'étude montrent que les violences basées sur le genre sont principalement remarquées dans la sphère domestique. 52,1% de ces violences basées sur le genre se produisent dans les ménages, apprend-on.

"Les hommes sont autant victimes que les femmes, même si ces dernières sont deux fois plus victimes de violences basées sur le genre", précisent les chercheurs du GESTES, un laboratoire de l’université Gaston Berger de Saint Louis, au nord du Sénégal. Les femmes qui souffrent de ces violences basées sur le genre sont souvent âgées de 20 à 40 ans. Dans le milieu professionnel, on retient que "les principaux auteurs de violences basées sur le genre sont les supérieurs indirects, (42,5%), les collègues (27,5%), les supérieurs directs et les subalternes (7,5%)". Quant aux auteurs de ces actes au sein des ménages, on retient que les hommes sont responsables à 55%. Dans les milieux de formation, ils sont également indexés dans 67% des cas.

Ces violences basées sur le genre s’exercent très souvent sous forme verbale, psychologique, physique et sexuelle. L’étude indique qu’en ce qui concerne les femmes, 50% de ces violences sont psychologiques. Toutefois, renseignent les chercheurs, les violences physiques et sexuelles sont les plus pernicieuses parce qu’elles laissent des séquelles sur la santé et l’intégrité des victimes.

L’équipe du GESTES a aussi découvert qu’en général, les réalités et pratiques sociales qui discriminent les femmes et leurs conditions économiques défavorables, sont les principales causes des violences basées sur le genre dont elles sont victimes.

La prévalence des violences basées sur le genre est variable selon les quatorze régions que compte le Sénégal. L’enquête a démontré que la région de Diourbel à 150 kilomètres à l’est de Dakar, est la plus touchée par le phénomène. "Les régions de Diourbel (72,3%), de Fatick (67,5%), et de Ziguinchor (66%) sont les plus touchées par les violences basées sur le genre dans les ménages", précise l’étude.

Pour lutter efficacement contre le fléau, le GESTES invite les acteurs qui interviennent dans le domaine à mutualiser leurs efforts au lieu d’exécuter chacun son plan d’action comme c'est le cas actuellement. Le groupe de recherche qui a noté une recrudescence des violences basées sur le genre préconise de renforcer le dispositif répressif, mais les chercheurs pensent qu’il faut revoir les méthodes de prévention de ces violences.

Pour cette étude, le GESTES s’est appuyé sur un échantillon de 1640 personnes sélectionnées sur toute l’étendue du territoire national. Les membres de cet échantillon ont été choisis  dans les ménages, le milieu scolaire et universitaire et dans les entreprises publiques et privées.

-0-  PANA    KARL/TBM/SOC  02avril2015

02 avril 2015 20:37:14




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