63 villages s’engagent à créer un environnement favorable à l’épanouissement des enfants

Niamey, Niger (PANA) – Des chefs religieux et coutumiers de 63 villages de la commune rurale de Sarkin Yamma (région de Maradi, centre) se sont engagés mercredi à créer un environnement favorable à l’épanouissement des enfants de leurs villages respectifs, lors d’une cérémonie de déclaration publique portant sur l'abandon des pratiques qui vont à l'encontre du bien-être des enfants.

Au cours de cette cérémonie solennelle rehaussée par la présence de la ministre de la Population, de la Promotion de la femme, de la Protection de l'enfant, Dr Maikibi Kadidiatou Dandobi et du Représentant-adjoint de l'Unicef au Niger, Félix Ackebo, les chefs coutumiers et religieux ont, entre autres, décidé de mettre fin au mariage précoce des jeunes filles, à toutes formes de violence comme la maltraitance, les châtiments corporels, l'exploitation économique des enfants, leur déscolarisation ou la migration.

Selon l’Unicef, cette cérémonie s'inscrit dans le cadre de l'approche "protection communautaire de l'enfant au Niger" où plus de 3.000 participants, femmes, hommes et adolescentes, ont bénéficié de 12 mois d'enseignements sur différents aspects du développement de l'enfant, son éducation, sa santé et sa protection, animés par des facilitateurs formés à cet effet.

Ces apprentissages ont suscité un processus de réflexion et d'analyse qui ont conduit les participants à décider collectivement de mettre fin aux pratiques néfastes et à promouvoir la santé, la scolarisation et la protection des enfants.

«Les participants ont également été formés sur les techniques de mobilisation sociale, communication et animation de discussions villageoises, ainsi que sur l'élaboration de plans d'action villageois. Ils ont ensuite mené des rencontres de dialogue social à la suite desquelles toutes les communautés se sont jointes au mouvement, accompagnées par les chefs coutumiers et religieux», précise-t-on du côté de l'UNICEF.

Selon la même source, chaque village a mis en place un comité de gestion chargé d'accompagner la mise en œuvre des plans d'action et d'initiatives communautaires, d'assurer la liaison avec les services techniques et de veiller au maintien des engagements pris.

L'Unicef estime que 16.400 enfants de moins de 18 ans vivant dans les villages concernés sont désormais protégés contre toutes formes de violence, d'abus et d'exploitation.

Selon les comités villageois, aucun mariage impliquant un enfant n'a été célébré au cours des 12 derniers mois. En outre, l'utilisation des services de santé a augmenté, la fréquentation scolaire des filles s'est améliorée, davantage de familles établissent les actes de naissance, de mariage et de décès et la participation aux instances locales de discussion s'est accrue dans tous les villages d'intervention.

L’appui de l'UNICEF en vue de l'abandon des pratiques néfastes remonte à 2013 avec une première expérience dans la commune rurale de Makalondi (région deTillabéri), où 20 villages ont, en mai 2013, annoncé publiquement leur décision d'abandonner l'excision, le mariage précoce et forcé, le rapt, l'exploitation des enfants, leur déscolarisation et l'exode rural.

Sur la base de ce succès, le programme a ensuite été mis en œuvre dans la commune de Kourni (région de Zinder), qui a déclaré l'abandon des pratiques néfastes le 24 juin 2015 et dans la commune de Sarkin Yamma.
-0- PANA SA/SSB/IBA 11NOV2015



11 novembre 2015 14:06:56




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