5 fondateurs de l'OUA ont atténué leur engagement panafricain

Dakar- Sénégal (PANA) -- Sékou Touré, Fulbert Yulu, Ahmadou Ahidjo, Patrice Lumumba et Maktar Ould Daddah, seraient bien peu fiers de leur pays, face au peu d'enthousiasme que leurs successeurs actuels au pouvoir affichent devant les nouvelles tentatives d'unification du continent.
L'Union africaine, conçue unanimement comme une étape supérieure dans ce processus, entrera dans quelques jours dans sa phase opérationnelle.
Les observateurs notent cependant, que la Guinée de Lansana Conté, le Congo de Denis Sassou-Nguesso, le Cameroun de Paul Biya, la RD Congo des Kabila et la Mauritanie de Maouya Ould Sid'Ahmed Taya, pourraient rater ce second train de l'histoire.
Avec l'Angola, le Botswana, l'Erythrée, le Kenya, l'Ile Maurice, l'Ouganda, le Swaziland et le Zimbabwe, ces Etats comptaient déjà il y a juste quelques semaines, au nombre des treize derniers pays du continent à accepter enfin de signer l'acte constitutif de l'Union qu'ils avaient pourtant formellement approuvé depuis le sommet de juillet 2000 à Lomé.
Exception faite du Botswana, de l'Erythrée, de Maurice, de l'Ouganda et du Zimbabwe, ils font partie aujourd'hui encore, de ceux qui tardent à le faire ratifier par leurs institutions législatives.
Cet attentisme, soulignent les observateurs, ne confirme pas seulement l'extrême discontinuité des positions africaines, y compris sur les questions les plus fondamentales.
Il est surtout paradoxal pour la Guinée Conakry, l'Ouganda et l'ex-Congo Léopoldville (RDC) dont les leaders charismatiques partageaient au sein du groupe minoritaire de Casablanca, l'impatience du Dr Kwame Nkrumah à bâtir, "sans attendre", dès les années 60 déjà, "l'Etat fédéral des Etats Unis d'Afrique".
Il est "plutôt cocasse" selon les mêmes sources, dans le cas de la Mauritanie.
A l'image de la République Arabe Sahraouie Démocratique aujourd'hui, l'existence de ce dernier pays qui donne l'impression de snober l'idéal unitaire transsaharien, dépendait pourtant étroitement à ses débuts, de l'OUA et de la parfaite solidarité de son Groupe africain aux Nations Unies.
Pour cause, rappellent les observateurs, "il avait été taillé aux portes du désert, sur les flancs de ce que fut le "Grand Maroc" et confié au moment des indépendances à Moktar Ould Daddah, avec la complicité franco-sénégalaise.
Au contraire de cette amnésie partagée, le Togo du général Gnassingbé Eyadéma n'a pas seulement savouré le privilège d'avoir "présidé le dernier, l'OUA, avant son passage à une forme supérieure d'organisation" comme s'en félicitait le colonel Kadhafi, début mars, au sommet extraordinaire de Syrte.
L'actuel président en exercice prend en fait, après 34 années de règne, une revanche sur l'Histoire.
Les observateurs rappellent qu'il n'était pas étranger aux circonstances pour lesquelles son pays n'avait pas été admis en 1963 au sommet constitutif d'Addis Abeba après la destitution du président Sylvanus Olympio, père de l'indépendance du Togo.
D'autres membres fondateurs de l'OUA, ont eu eux aussi, la mémoire suffisamment fraîche pour compter aujourd'hui, parmi les premiers à avoir signé, séance tenante, l'Acte constitutif de l'Union africaine, dès après son adoption par le 37ème sommet de Lomé, en juillet 2000.
Il s'agit notamment de l'Algérie, du Burundi, de la République Centrafricaine, du Bénin, du Burkina, de l'Ethiopie, du Gabon, du Ghana, du Liberia, de la Libye, de Madagascar, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Soudan et enfin, du Tchad.
Un dernier groupe de pays qui étaient encore dans la nuit coloniale du temps de la création de l'OUA, a eu enfin le mérite historique de compter désormais, parmi les 27 pionniers à avoir signé l'Acte constitutif de l'Union africaine.
C'est le cas de Djibouti (indépendant en 1977), du Cap Vert (1975), de la Guinée Bissau (1974), de la Guinée Equatoriale (1968), du Lesotho (1966), de la Gambie (1965), du Malawi et de la Zambie (1964) et enfin de la RASD, Etat virtuel, aujourd'hui encore en lutte de libération contre.
.
.
"l'occupation marocaine".

19 avril 2001 16:57:00




xhtml CSS