38 millions d'Africains menacés par la famine, selon le PAM

Paris- France (PANA) -- Quelque 38 millions d'Africains sont menacés par la famine dans plusieurs pays du continent, a déclaré mardi le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), M.
James Morris, cité par le quotidien français Le Monde.
"Il s'agit d'êtres humains, de gens qui sont trop faibles pour travailler, pour s'occuper de leurs familles, 38 millions d'Africains qui, jour après jour, subissent les affres de la faim", a précisé M.
Morris, ajoutant que "l'Afrique est dans une situation catastrophique".
Selon le directeur exécutif du PAM, la gravité de la situation, qui varie d'une région du continent à une autre, rend impérative une réaction rapide et massive de la communauté internationale.
Au moins 11,3 millions de personnes ont, a-t-il dit, besoin d'assistance alimentaire pour la seule Ethiopie où 2,9 autres millions d'individus pourraient basculer dans une situation de précarité nutritionnelle.
A une moindre échelle, le responsable de l'agence onusienne estime que 6 millions de personnes sont menacées par la faim au Zimbabwe où, à en croire le PAM, la réforme agraire ne saurait être tenue pour l'unique cause des problèmes alimentaires.
Refusant d'entrer dans la polémique sur la responsabilité des pouvoirs africains dans la famine qui menace leurs populations, le directeur exécutif du PAM a affirmé qu'on "ne peut condamner un enfant de cinq ans à mourir de faim du simple fait qu'il est né au Zimbabwe".
"Nous avons clairement dit que les causes des crises étaient multiples, autant politiques que naturelles.
Mais entre-temps, il y a des millions de vies à sauver.
Il y a un travail humanitaire à faire.
Et c'est le nôtre", a averti M.
Morris.
Il a en outre regretté le désintérêt de la communauté internationale pour l'agriculture qui s'est traduit par la baisse continue des crédits soient alloués aux programmes de développement agricole.
Alors que trois quarts de son budget était consacré en 1990 au développement des programmes agricoles, le PAM affecte aujourd'hui 88 pour cent de ses ressources financières aux situations d'urgence.
"Les donateurs sont très sollicités par un trop grand nombre de crises humanitaires dans le monde.
Mais, on ne peut continuer ainsi: répondre à une crise après l'autre.
La communauté internationale doit trouver de véritables solutions", a recommandé M.
James Morris.

17 décembre 2002 16:01:00




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