20 ans après le miracle Mandela, l'Afrique du Sud se débat encore avec les questions raciales (par Craig Urquhart, correspondant de la PANA)

Johannesburg, Afrique du Sud (PANA) - Vingt ans après que Nelson Mandela est arrivé au pouvoir sur un ticket prometteur de la réconciliation raciale et que l'archevêque Desmond Tutu a déclaré l'Afrique du Sud comme étant la " Nation arc-en-ciel", le pays est toujours aux prises avec les questions raciales, a constaté samedi la PANA.

Au cours de la semaine écoulée, un certain nombre de cas très médiatisés ont signifié que cette ancienne terre de l'apartheid demeure profondément divisée en termes de questions liées à la race, à tel point qu'un ancien policier blanc qui n'a pas réussi à être promu en raison de la couleur de sa peau, a porté son sort aux Nations Unies.

Les neuf années de bataille juridique de Renate Barnard pour faire face à son sort a atteint  cette semaine une autre impasse.

L'ancien lieutenant-colonel a déclaré qu'elle allait maintenant s'approcher de l'ONU et de l'organisation internationale du Travail dans l'espoir qu'elles forceront Pretoria à se conformer à l'esprit des conventions qu'elle a ratifiées sur l'élimination du racisme.

La Cour constitutionnelle a accordé cette semaine, la permission à la police de l'Afrique du Sud de faire appel à la Cour suprême, estimant que la police avait fait preuve de discrimination injuste à l'encontre de Barnard, qui a été rejetée à deux reprises pour un poste, au motif que les femmes blanches étaient sur-représentées.

Le juge Dikgang Moseneke a statué qu'au moment où la Constitution appelle à une société plus juste et équitable, la manière dont le commissaire national de la police avait mis en œuvre un plan d'équité en matière d'emploi ne constituait pas une discrimination à l'encontre de Barnard.

L'organisation Solidarité a déclaré qu'elle ne pouvait pas croire que la Cour constitutionnelle a jugé que l'injustice contre Barnard est en conformité avec la Constitution et «nous croyons que l'histoire montrera que ce jugement était erroné".

Au même moment, Julius Malema, le leader au franc-parler des combattants de la liberté économique (EFF) a pris cette semaine son appel à la nationalisation des mines à l'Assemblée nationale et l'invite à faire face aux séquelles raciales de l'apartheid.

"Les ressources minérales de ce pays appartiennent à tous les Sud africains et c'est seulement à travers la nationalisation que le pays profitera d'une propriété plus démocratique et sociale et du contrôle des richesses minérales par tous, y compris les travailleurs.

''Le problème est que les sociétés minières refusent de se défaire de leur bagage historique et exercent encore le pouvoir de poursuivre le projet pré-apartheid et apartheid de l'esclavage des Africains dans ces mines et les rejeter dans les terres de leur propre naissance», a-t-il déclaré dans son discours.

Et comme "la nation arc-en-ciel" de Tutu continue à montrer des signes de fracture sur les lignes de la race, l'archevêque lui-même s'est engouffré dans le débat sur la transformation du sport en déclarant que l'équipe nationale de rugby des Springboks manque de représentants de la race noire.

"Je déplore les pas de tortue auxquels la transformation au plus haut niveau est effectuée", a-t-il dit, dans un communiqué transmis à la PANA.

Tutu a critiqué l'union du rugby sud-africain pour le rythme de la transformation dans l'équipe et a déclaré qu'il était «particulièrement nuisible" de voir la sélection de joueurs noirs comme des «membres périphériques de l'escouade qui n'ont jamais la chance de s'installer et de gagner leurs galons".

Alors que le monde continue de saluer l'Afrique du Sud pour sa révolution relativement pacifique, qui a vu le racisme légiféré déversé dans la casse de l'histoire, le pays continue à se débattre avec ses démons raciaux.
-0- PANA CU/SEG/MTA/IS/SOC 06sept2014

06 september 2014 17:18:24




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