Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Deux ressortissants du Burkina Faso ont été tués et huit autres blessés lundi dans la localité de Goya, située dans le district de Blolequin, à environ 600 km à l'ouest d'Abidjan, au cours d'affrontements entre les autochtones guérés et les allogènes burkinabè.
Selon M.
Ahonzo Alexis, directeur de cabinet adjoint du ministre d'Etat ivoirien chargé de l'Intérieur et de la Décentralisation, qui a lancé lundi soir à la télévision un appel au calme à ses compatriotes, les incidents auraient pour origine un vieux conflit foncier.
M.
Ahonzo, qui a indiqué que des renforts de troupes composés essentiellement de gendarmes et de militaires avaient été dépêchés de la ville de Guiglo, le chef-lieu de département où ont été déjà évacués les blessés, a annoncé que l'Etat ivoirien prendra en charge tous les soins.
Ce énième incident qui oppose les planteurs burkinabè à leurs hôtes guérés relance le débat sur le nouveau code foncier ivoirien qui exclut les non-Ivoiriens de l'accession à la propriété foncière, signale-t-on.
D'une façon générale, il pose le problème même de la terre en zone rurale qui oppose régulièrement, d'une part, les populations locales aux planteurs étrangers (pour la plupart burkinabè) et, d'autre part, les autochtones aux allogènes ivoiriens (conflits entre guérés et allogènes baoulés venus du centre de la Côte d'Ivoire, ou incidents entre villageois bétés du centre-ouest et planteurs baoulés).
En septembre 1999, des affrontements sanglants entre autochtones guérés et allogènes burkinabè s'étaient produits dans la région de Tabou, toujours dans l'ouest du pays, faisant plus d'une dizaine de morts et de nombreux blessés et disparus, avant de provoquer l'exode de plus de 20.
000 Burkinabè vers leur pays.