150ème anniversaire de la première demande de retour en Afrique

Cotonou- Bénin (PANA) -- Des Béninois et une délégation de Noirs venus des Caraïbes ont commémoré jeudi à Cotonou, le 150ème anniversaire de la première demande de retour en Afrique, de 100 esclaves de la Guadeloupe, a-t-on constaté sur place.
Le pèlerinage "Mémorial Afrika", initié pour commémorer cette demande et rendre hommage à ces ancêtres esclaves a rassemblé à Ouidah (ancien comptoir d'esclaves) et à Cotonou, la capitale, les autorités béninoises à divers niveaux, les populations et les dignitaires béninois.
Ce pèlerinage constitue, selon les ambassadeurs de la diaspora, une passerelle pouvant permettre à l'avenir, aux jeunes Africains de la diaspora, de "venir se faire former, d'échanger, de travailler, de vivre et d'aider à reconstruire l'Afrique, afin de prouver aux autres que les Africains sont aussi capables de construire leur continent et de retourner y vivre".
Ils ont procédé jeudi à Ouidah, à la pose de la première pierre de la ferme "Gwadafrica" qui sera le point d'atterrissage de tout volontaire au retour avant son installation dans le pays.
Sa majesté Onikoyi, Roi de la diaspora, a annoncé aux responsables des organisations de volontaires au retour sur la terre sacrée, l'octroi par le Bénin, d'une première parcelle de 10 hectares à Torri-Bossito (quelques km de Cotonou) pour l'installation des premiers volontaires.
"Le Bénin qui était la porte du non-retour est effectivement devenu la porte du retour", a déclaré la coordonnatrice du pèlerinage, Mme Samia John.
C'est pour la première fois, a-t-elle affirmé, parlant du président Mathieu Kérékou, qu'un chef d'Etat africain dit à ses enfants de dehors, "vous êtes chez vous".
Il faut cependant, recommande Mme John, mettre en place de nouvelles stratégies.
"L'accueil et l'amour que nous avons rencontrés ici, ont confirmé que nos ancêtres avaient raison de demander à retourner au bercail puisque cet amour et cet accueil doivent leur avoir beaucoup manqué", a confié Mme John.
Pour Mme Shalem Bourgette, les Africains caribéens sont plus aptes à venir sur le continent parceque ce qu'ils ont à faire, c'est-à-dire l'agriculture, correspond aux besoins de l'Afrique.
Arrivés au Bénin depuis le 10 août dernier, ces pèlerins qui ont séjourné à Ouidah, à Dassa, à Porto-Novo et Savalou, ont fait tous les circuits à travers les douze départements du Bénin et se sont envolés jeudi pour la Guadeloupe.
Ils y coordonneront les actions à mener pour le retour effectif de ceux qui le désirent et étudieront la possibilité pour les autres, de venir en pèlerinage une fois à Cotonou.

24 août 2001 08:44:00




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