15 candidats pour l'élection présidentielle soudanaise d'avril 2015

Khartoum, Soudan (PANA) - La Commission électorale nationale soudanaise (Nec) a officiellement autorisé 15 candidats à se présenter aux élections présidentielle et générales d'avril prochain.

Les 14 candidats, qui vont se présenter contre le président sortant, Omar el-Béchir, sont peu connus à l'exception du Professeur Fatima Abdul Mahmud.

Mme Mahmud qui, aux élections de 2010, était la candidate de la Sudanese Socialist Union, un parti formé par feu le président Ja'afar Mohamed Nimeiri (1969-1985), est elle-même un vétéran de la politique.

Mais les observateurs estiment que ses chances de l'emporter sont très minces, puisque son parti - à l'origine de l'introduction des lois de septembre 1983 qui ont imposé la Charia avec une application rigoureuse de la flagellation et de l'amputation des membres en cas de vol - est très peu soutenu par le public et a des membres vieillissants.

Une autre candidate, Mme Al Taazi, ex-policière et responsable de la sécurité, malgré qu'elle affirme qu'elle va l'emporter, devrait être facilement balayée par M. el-Béchir.

Les autres candidats, peu connus, même s'il y a parmi eux des journalistes chevronnés, ont encore moins de chances de gagner.

La Nec a également annoncé que 23 partis politiques vont participer aux élections présidentielle et législatives mais aucun des grands partis politiques, la Umma et le Democratic Unionist Party (Dup), n'ont des candidats à la présidentielle.

Et avec ces deux grands partis, qui souffrent de fragmentations majeures, il y a suffisamment de raisons de croire que le président el-Béchir va l'emporter, rempilant ainsi pour un troisième mandat en tant que président élu, 2004-2011, 2011-2015 et 2015-2020.

M. el-Béchir a accédé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat sans effusion de sang en juin 1989. Depuis lors, il n'a pas rencontré de véritable opposition à sa mainmise sur le pouvoir.

Bien que son parti, le National Congress Party (Ncp), ait vécu deux divisions majeures, en 2009 et en 2013, il reste le plus puissant des plus de 90 partis politiques du pays.

La plupart d'entre eux sont des groupes dissidents de la Umma et du Dup ou des partis formés par les mouvements rebelles du Darfour qui se sont tournés vers la politique après la signature d'un accord de paix avec le gouvernement central de Khartoum.

En s'exprimant lors d'une conférence de presse au siège de la Nec mardi, le président de la Commission, Mukhtar al-Asum, a annoncé que les 23 partis politiques ont présenté leurs candidats à la présidence ainsi qu'aux Parlements national et des Etats.

Il a révélé que 15 candidats sur 18 ont été approuvés par la Nec pour briguer la Présidence, en expliquant que trois autres ont été exclus, faute de remplir toutes les conditions.

Les candidats à l'Assemblée nationale et aux conseils législatifs des 18 Etats du pays sont au total 8.748, dont des candidats indépendants, selon M. Asum.

Il a déclaré que la Nec recevrait les objections contre les candidats jusqu'à samedi prochain et examinerait les requêtes et prendrait les décisions d'acceptation ou de rejet des candidatures d'ici le 04 février.

Le président de la NEC a ajouté que le vote démarrerait le 13 avril.

En plus de la position puissante du Ncp et de son contrôle total des principales institutions, comme l'armée, la sécurité et l'économie, de nombreux observateurs pensent que le chaos entraîné par les changements de pouvoir dans les pays voisins - comme l'Egypte, la Libye et dans une certaine mesure, la Tunisie - pourrait pousser les électeurs à choisir M. el-Béchir.

Ce dernier, malgré des sanctions économiques, commerciales et technologiques imposées à son pays par les Américains depuis 1997 et un conflit civil au Darfour depuis 2013, a réussi à former une alliance solide avec la Chine et la Russie.

Pour cette seule semaine, l'ambassadeur de Chine au Soudan, Li liahne, a déclaré lors d'une cérémonie d'inauguration du nouveau palais présidentiel à Khartoum que la "Chine donne au Soudan la priorité parmi les pays arabes et africains", s'attirant un tonnerre d'applaudissements de la part des centaines d'officiels et de dignitaires assistant à la cérémonie.

Bien que l'Union européenne n'ait jusqu'ici fait preuve que de peu d'enthousiasme pour financer ou envoyer des observateurs, la Nec a déclaré que l'Union africaine et la Ligue arabe ainsi que le Centre africain pour les droits de l'Homme font partie des organisations régionales qui ont exprimé le souhait de superviser le processus, une requête qui a été accordée.

"Nous allons organiser des élections libres, justes et crédibles conformes aux normes internationales", a déclaré le vice-président de la Commission, Dr Jalal Eddin Mohamed Ahmed, un professeur d'université.
-0- PANA   MO/VAO/FJG/BEH/IBA   28 janvier 2015

28 january 2015 16:45:43




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