"Respecter la dignité, les droits des journalistes", lance le Mwfa à l'endroit de la Police mauritanienne

Banjul, Gambie (PANA) - L'organe sous-régional, la fondation des médias pour l'Afrique de l'Ouest (Mfwa), a exprimé ses préoccupations par rapport aux harcèlements dont sont victimes les journalistes de la part de la Police mauritanienne, a rapporté, ce samedi, la PANA.

Dans un communiqué parvenu à la PANA, la sentinelle de la liberté de la presse en Afrique de l'Ouest a révélé que la Police mauritanienne a procédé à l'arrestation de quatre journalistes, doyens dans le métier, en rapport avec ce qu'on appelle "des crimes transfrontaliers".

Les journalistes en question sont: Moussa Sy et Jedna Deida, respectivement directeurs de publication du journal "Quotidien de Nouakchott" et du site d'informations "Mauriweb", mais aussi Babacar Ndiaye, administrateur du site Cridem.com et Rella Bâ, journaliste au même site d'informations.

"Le Mwfa se dit préoccupé par les harcèlements dont seraient victimes les journalistes impliqués. Nous lançons un appel à la Police mauritanienne pour qu'elle respecte les procédures légales et la dignité, de même que les droits des journalistes en question", souligne le communiqué.

Tous ces médias dans lesquels travaillent ces journalistes sont des médias privés et très critiques à l'encontre du gouvernement de Nouakchott.

Selon le Mfwa, les quatre journalistes sus-mentionnés ont été soumis à des interrogatoires humiliants et intimidants par la Police mauritanienne le 25 août 2017, dans des incidents séparés.

La Police a été accusée d'avoir vandalisé les locaux du "Quotidien de Nouakchott" et d'avoir soumis à des interrogatoires Moussa Sy avant de l'amener pour des interrogatoires supplémentaires au Quartier général de la Police.

La même épreuve a été subie par ses collègues Boubacar bay Ndiaye et Rella Bâ du Cridem.com qui ont également été cueillis sur leurs lieux de travail et soumis à des interrogatoires pendant de longues heures au niveau de la Police.

En réponse à ces accusations de chasse aux sorcières contre les journalistes et les organes de presse qui sont critiques à l'égard du gouvernement, la Police mauritanienne a déclaré que ces arrestations n'ont aucun rapport aux lignes éditoriales des médias impliqués.

"Le commissaire de la Division criminelle m'a rassuré que les journalistes impliqués n'ont ni été arrêtés ni accusés; mais ils ont été interrogés parce que leurs noms ont été cités dans une affaire qui est en cours d'investigation", a indiqué le président de l'Union des journalistes mauritaniens, Mohamed Ould Dah, cité par une source.

Pendant ce temps, le Mwfa a indiqué que l'arrestation des journalistes a été condamnée par une grande partie de la société mauritanienne qui y voit comme une tentative de museler la liberté de la presse.

Dans un communiqué publié le 26 août par l'institution de l'opposition démocratique, un groupe d’opposants politiques y déclare: "Le régime est en train d'utiliser de manière délibérée la Police et l'appareil judiciaire pour colporter de fausses accusations et des complots tels que les "crimes transfrontaliers" dans le but de faire taire les voix hostiles à la tyrannie du gouvernement.
-0- PANA MLJ/VAO /BAD/BEH/IBA 10sept2017






10 septembre 2017 00:00:05




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