Pourquoi l'Afrique doit intensifier la lutte contre le Vih/sida (Par Abudu Babalola, correspondant de la PANA)

Lagos, Nigeria (PANA) - Alors que la journée sur le VIH/sida est célébrée lundi à travers le globe, les pays africains font des progrès appréciables dans leur lutte contre la maladie, mais ils ont besoin de maintenir l'élan actuel, ont déclaré dans leurs messages aux dirigeants continentaux, les experts médicaux et les personnes vivant avec le Vih (Pvvih).

«Le Vih/sida est toujours un gros problème en Afrique et nous avons encore de nouvelles infections", a déclaré aux journalistes le professeur John Idoko, chef de l'Agence nationale pour la lutte contre le Sida (Naca) au Nigeria, lors d'une interview dans le cadre des programmes marquant la journée.

Le thème de la célébration de cette année est "Combler le fossé, Dites non à la stigmatisation et à la discrimination".

Du Nigeria au Kenya, de l'Afrique du Sud à l'Algérie et au Cameroun, plusieurs activités organisées par la société civile, les organisations non-gouvernementales et les Pvvih, ont eu lieu à l'occasion de la journée.

Il s'agit notamment des rassemblements publics, des marches, des ateliers, des conférences, de la distribution gratuite de préservatifs et de pourparlers de sensibilisation tant dans les zones de conseil qu'aux niveaux national, étatique et local.

Selon les experts de la santé, le Vih signifie virus de l'immuno-déficience humaine. C'est un virus qui attaque le système immunitaire de l'organisme - la défense de l'organisme contre les maladies.

Le Vih peut être transmis par les fluides corporels infectés le plus souvent par des relations sexuelles sans condom ou en partageant des aiguilles infectées, des seringues ou d'autres équipements de drogues injectables.

Le Sida est l'acronyme du syndrome d'immuno-déficience acquise (Sida) - C'est l'étape dans laquelle le virus a fait d'importants dommages au système immunitaire.

Le Nigeria est le deuxième pays affecté par le Vih/sida en Afrique, avec environ 3,5 millions de personnes vivant avec le virus; l'Afrique du Sud, avec 5,4 millions de personnes vivant avec le Vih, détient le taux le plus élevé sur le continent avec environ 20 millions de personnes vivant avec le virus.

Depuis que le premier cas de la maladie a été signalé aux États-unis à la fin des années 70, un vaccin pour sa guérison n'est pas encore développé. Cependant, des progrès considérables ont été accomplis dans la gestion du virus du Vih. Le Nigeria a enregistré son premier cas de la maladie en 1985.

La maladie a tué beaucoup d'Africains, hommes, femmes et enfants. Elle a dévasté l'économie du continent, réduisant la capacité d'améliorer la production, le revenu et la richesse, aggravant ainsi le niveau de la pauvreté.

"Les bonnes nouvelles sont que dans les deux dernières années, nous avons assisté à une baisse du nombre de nouvelles infections et du nombre de personnes qui meurent du sida, non seulement au Nigeria, mais dans toute l'Afrique. Donc, il est certain que nous faisons des progrès », a ajouté le professeur de médecine.

Environ 60 millions de personnes dans le monde ont été infectées par le virus, 30 millions de personnes vivent encore avec lui et 30 millions d'autres sont mortes de l'épidémie.

Le Vih/Sida est une composante majeure des objectifs du Millénaire pour le développement (Omd), qui fixent 2015 comme répondant au délai fixé par les objectifs.

Dr Lawrence Oteba, conseiller de programme sur le Vih/Sida avec le l'International Planned Parenthood federation (Ippf) basée à Nairobi, a attribué les réalisations enregistrées dans la lutte contre la maladie par les pays africains à des investissements clés dans le traitement, la prévention et le soutien aux personnes vivant avec le virus.

"Si vous cosidérez les années 1990 et au début des années 2000, l'image présentée sur le Vih/ sida était très effrayante et les décès étaient très élevés; le nombre de nouvelles infections augmentait de manière astronomique, a expliqué Dr Oteba.

Il a poursuivi : "Sur les 36 millions de personnes vivant à l'échelle mondiale avec le Vih alors, 70% étaient en Afrique; si vous êtes diagnostiqué avec le Vih dans les années 90, c'était une sentence de mort, parce que les médicaments anti-rétroviraux n'étaient pas largement disponibles et même s'ils étaient disponibles, ils étaient très chers, donc c'était difficile d'avoir même accès aux laboratoires pour les dépistages.

"Les communautés rurales n'ont pas été atteintes comme ce que nous voyons maintenant, ce qui signifie que beaucoup de gens dans les régions éloignées n'ont pas pu accéder à des services, des médicaments et du soutien.

"La grande amélioration a été enregistrée dans la prévention, les soins et le soutien aux personnes vivant avec la maladie".

Dans le passé, la transmission mère-enfant du virus Vih était très élevée. Aujourd'hui, cela a été réduit en raison de plus d'installations disponibles pour les mères porteuses du virus.

Selon les experts, "Dans le passé également, le dépistage du Vih à la fois dans les communautés rurales et urbaines étaient un luxe. Maintenant, avec une technologie améliorée, vous pouvez obtenir les résultats d'un test Vih en seulement 15 à 20 minutes. Les gens peuvent maintenant se faire tester en utilisant un échantillon de salive. Le kit pour les tests peut facilement être acheté dans les pharmacies de proximité.

"Mais en dépit du succès enregistré dans la lutte contre le Vih/Sida en Afrique, plusieurs défis menacent d'inverser les gains".
La stigmatisation, la discrimination, la criminalisation des personnes vivant avec le virus et le financement sont certaines de ces entraves.

Beaucoup de pays africains n'ont pas encore adopté la loi anti-stigmatisation. Par exemple, au Nigeria,  alors que le Parlement a harmonisé le projet de loi, le Président Goodluck Jonathan ne l'a pas encore signé.

« La plupart de mes amis préfèrent effectivement me parler de loin que de s'approcher ou de partager la vie sociale comme d'habitude avec moi. La stigmatisation et la discrimination demeurent des problèmes majeurs auxquels nous sommes confrontés ", a déclaré Isaac Kaplyil, âgé de 45 ans, une des personnes vivant avec le virus.

L'expérience de M. Kaplyin est un reflet de ce que près de 20 millions de personnes en Afrique vivant avec le virus subissent tous les jours. Il a estimé que si le projet de loi est signé par le président, il aidera à réduire la stigmatisation des personnes vivant avec le Vih (Pvvih).

On espère que la loi anti-stigmatisation mettra fin à la négation de l'emploi et au renvoi des lieux de travail des Pvvih par leurs employeurs.

Les experts médicaux ont mis en garde contre la complaisance, parce que les gens savent maintenant qu'il existe des médicaments pour le Vih, de fait, il n'est plus le tueur qu'ils redoutaient, en raison de la disponibilité des médicaments anti-rétroviraux.

Ils ont souligné la nécessité de soutenir les messages de prévention, mettant davantage l'accent non seulement sur ​​la sensibilisation, mais combler l'écart entre la sensibilisation et le changement de comportement.

Les gens qui ont le Vih et prennent des médicaments devraient être pris en charge, de sorte qu'une responsabilité partagée entre ceux qui sont testés positifs et négatifs Vih soit atteinte.

Selon les experts, le financement des programmes de Vih doit être pris en charge parce que la majorité du financement pour le traitement provient du Fonds mondial.

La plupart des pays donateurs au Fonds mondial doivent également relever des défis économiques à domicile et alors, le montant des contributions se réduit avec le temps.

«Les gouvernements africains," suggèrent-ils, "devrait allouer davantage de ressources vers des programmes Vih sur le continent, de sorte que le développement durable puisse être atteint.

"En outre, les politiques qui criminalisent les comportements liés au Vih, tels que les travailleurs du sexe, la sexualité et l'homosexualité, doivent être revues".

-0- PANA SB/VAO/MTA/BEH/SOC  01 décembre 2014

01 décembre 2014 17:41:10




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