"Les zones du bassin du lac Tchad récupérées de Boko Haram doivent être stabilisées", selon l'ONU

Monrovia, Libéria (PANA) - Il est essentiel de consolider les zones du bassin du lac Tchad libérées de l'emprise de Boko Haram, a déclaré jeudi la Secrétaire générale-adjointe des Nations unies devant le Conseil de sécurité des Nations unies, appelant à des efforts pour reconstruire la vie des femmes et des filles qui ont souffert aux mains du groupe terroriste.

Amina Mohammed a déclaré que les récents efforts conjoints des quatre pays touchés de la région - le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigéria - ont abouti à des "progrès considérables" dans la lutte contre les extrémistes, y compris la libération des otages ainsi que le gain territorial.

Cependant, elle a signalé que le groupe a intensifié l'utilisation des femmes et des filles comme attentats suicides à la bombe, alors que les enfants ont été déployés dans 135 attentats de ce type en 2017: une augmentation de cinq fois par rapport à l'année précédente.

"Il est maintenant essentiel de stabiliser les zones qui ont été réhabilitées, et de saisir l'opportunité de promouvoir réellement le développement durable", a déclaré la chef adjointe des Nations Unies, par vidéoconférence du Liberia où elle participe aux célébrations marquant la fin de la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans ce pays, connue sous le nom de MINUL.

Un communiqué de l'ONU a déclaré que Mme Mohamed a été rejointe par Mohammed Bila, un représentant de la Commission du bassin du lac Tchad basé à N'Djamena, capitale du Tchad, et la conseillère principale en matière de conflits pour le groupe de réflexion Adelphi, Chitra Nagarajan, dans la tâche pour déterminer les facteurs derrière les causes de la souffrance des populations dans le bassin du lac Tchad et leur conduite vers le terrorisme un an après l'adoption par le Conseil de sa première Résolution sur les activités de Boko Haram dans la région déchirée par les conflits.

Boko Haram, une organisation islamiste militante basée dans le Nord-est du Nigeria, a mené des raids, des attentats suicides et des enlèvements dans la région du lac Tchad au cours de la dernière décennie.

Leurs opérations ont conduit au déplacement, à l'insécurité, à la destruction des infrastructures et à ce que Mme Mohammed a décrit comme une situation humanitaire "complexe et désastreuse", avec près de 11 millions de personnes ayant besoin d'assistance.

Le groupe a acquis une notoriété internationale en 2014 après avoir enlevé plus de 270 filles d'une école gouvernementale à Chibok, au Nigeria.

On pense qu'il est derrière l'enlèvement le mois dernier de 110 écolières de la ville nigériane de Dapchi, dont la plupart ont été retournées en toute sécurité cette semaine.

Dans l'ensemble, Boko Haram a enlevé plus de 4 mille femmes et filles, selon la chef adjointe de l'ONU, qui a ajouté que ceux qui retournent dans leurs communautés sont souvent stigmatisés.

Alors que la violation des droits de l'Homme continue d'alimenter l'insécurité dans la région du bassin du lac Tchad, Mme Mohammed a déclaré qu'investir dans les mécanismes de justice communautaire sera essentiel pour la réconciliation, pour la responsabilisation et la promotion de la paix.

Elle a souligné la nécessité d'incorporer les droits de l'Homme et les dimensions spécifiques sexistes dans les activités visant à lutter contre le terrorisme ou à prévenir l'extrémisme violent.

Par exemple, elle a déclaré que l'augmentation de l'utilisation des femmes et des filles par Boko Haram comme kamikazes pourrait être due à un manque de femmes agents de sécurité qui peuvent fouiller d'autres femmes aux postes de contrôle.

Et elle a appelé à davantage d'actions internationales pour soutenir les enfants touchés par les bouleversements dans la région.

Chitra Nagarajan, conseillère principale en conflits auprès du Groupe de réflexion Adelphi, basé dans le Nord-est du Nigeria, a également utilisé son briefing pour aborder les aspects liés au Genre de la crise et aussi son impact sur les personnes handicapées.

En plus des menaces décrites par Mme Mohammed, elle a parlé de la façon dont les femmes et les filles sont poussées dans le mariage précoce avec des combattants, par exemple, ou elles sont victimes d'abus sexuels et d'exploitation, y compris de la part de personnes censées les protéger.

"Les hommes et les garçons plus âgés sont souvent les premiers à fuir les zones d'insécurité", a-t-elle déclaré, s'exprimant par vidéoconférence depuis la ville de Maiduguri.

"Ils sont délibérément pris pour cible, tués et recrutés de force par des groupes armés. Ils sont soupçonnés, arrêtés et détenus par des agences de sécurité, et ils sont impliqués dans des combats, laissant des femmes de tous âges, ainsi que des filles, des garçons plus jeunes et des hommes plus âgés qui luttent pour s'en sortir ", a ajouté Nagarajan.
-0- PANA MA/MTA/TBMIBA 23mars2018

23 mars 2018 14:32:55




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