Les experts des droits de l'homme de l'ONU félicitent les femmes qui se prononcent contre la violence sexuelle

Genève, Suisse (PANA) - Les experts des droits de l'homme des Nations unies ont salué le puissant mouvement mondial qui a mis en lumière la violence sexuelle contre les femmes et l'inégalité entre les sexes, et rendu hommage à celles qui ont osé parler pour demander le changement.

"Par leurs actions courageuses, ces femmes ont lancé un mouvement mondial de femmes rompant le silence sur le harcèlement sexuel et d'autres formes de violence sexuelle trop souvent tolérées", ont déclaré, mardi, des experts indépendants, dans un communiqué conjoint pour célébrer la Journée internationale de la femme du 8 mars.

«C'est le moment de rendre hommage aux innombrables femmes de l'histoire qui ont osé se lever, protester et dire non à la discrimination contre les femmes et les filles et à l'une de ses pires manifestations, la violence. Leur courage et leur révolte ont été le moteur de tous les progrès accomplis », ont-ils déclaré.

Les experts ont salué le mouvement, connu par son hashtag des médias sociaux MeToo, comme un point de basculement pour les droits des femmes, et ont offert un soutien total aux mécanismes des droits de l'homme de l'ONU.

"C'est un moment de transformation, un moment libérateur et un moment d'émancipation", ont-ils déclaré dans le communiqué. «En s'exprimant à cette échelle, les femmes bousculent des normes discriminatoires établies depuis des siècles qui normalisent, acceptent et justifient la violence sexuelle contre les femmes et ont contraint les femmes dans des rôles bien définis d'infériorité et de subordination.

"C'est ce qui est si important pour le moment. Il ne s'agit plus seulement d'individus, mais de la société. Il ne s'agit pas de la soi-disant morale et de l'honneur, mais des droits des femmes en tant que droits humains. C'est le système de la concentration du pouvoir et de la domination qui est contesté ".

Les experts ont déclaré que la question posée maintenant n'est plus de savoir s'il faut croire la femme, mais plutôt ce qui ne va pas dans notre société. "Comment la violence sexuelle exercée contre les femmes peut-elle exister sur une échelle aussi massive et endémique en temps de paix et dans les lieux les plus ordinaires de la vie: lieux de travail, écoles, universités, rues, transports en commun et à la maison?

"Du Nord au Sud, d'Est en Ouest, la violence sexuelle traverse des lignes de culture, de religion, d'idéologie, de développement économique et touche les femmes de tous les milieux sociaux et professionnels, que ce soit dans les partis politiques, les institutions financières ou l'industrie des médias et du divertissement, les institutions académiques et le domaine humanitaire. Cela arrive dans la famille. C'est vraiment un fléau universel".

Avec l'avènement de ce mouvement, les experts ont déclaré que la honte et la peur commençaient à passer des victimes aux agresseurs et aux auteurs de violences sexuelles, qui doivent faire face aux conséquences de leur comportement inacceptable dans de nombreux cas et des actes criminels dans d'autres.

"Les tout-puissants ne sont plus les intouchables qui peuvent jouir de l'impunité en toute tranquillité d'esprit. Leur capacité à acheter le silence et la dissimulation est remise en question et leur pouvoir d'intimidation s'évapore ", indique le communiqué. "Nous avons un moment où la complaisance des autres et l'indifférence de nos institutions ne sont plus acceptées sans défi.

"Nous devons maintenir l'élan pour en faire un mouvement véritablement mondial qui touche toutes les femmes et les filles dans des lieux où le silence sur la violence contre les femmes reste un tabou et où les femmes ont peu recours à la justice et n'ont pas d'autre choix que honte et blâme ", ont souligné les experts.

"C'est dans ces endroits, loin des projecteurs des médias internationaux, que les voix des femmes sont dans le besoin d'être entendues et doivent être entendues. Nous sommes tous ici pour soutenir ce mouvement conformément à nos mandats respectifs et pour unir nos forces afin de le poursuivre dans toutes les parties du monde ", ont déclaré les experts.

Ils ont déclaré que l'existence de lois et de politiques dans la lutte contre le harcèlement sexuel et d'autres formes de violence sexuelle était importante mais pas suffisante.

"L'égalité entre les femmes et les hommes est une lutte de l'humanité, une lutte pour les hommes et les femmes. Face à la violence et à la discrimination sexuelles, tout le monde est concerné et tout le monde doit agir ", ont-ils souligné.
0- PANA AR/MTA/BEH/SOC 06mars2018

06 Março 2018 20:30:15




xhtml CSS