Le Cpj affirme que des journalistes tchadiens se cachent après des menaces

Abuja, Nigeria (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (Cpj) a demandé aux agents de renseignements nationaux tchadiens de cesser de harceler et d'intimider les journalistes.

Dans un communiqué publié lundi à Abuja, au Nigeria, au moins deux journalistes se sont cachés après avoir été harcelés par des agents de l'Agence de sécurité nationale (Ans) ces dernières semaines, et un autre a été arrêté et forcé de s'excuser pour son travail.

"Le harcèlement des agents de l'Agence nationale de sécurité tchadienne a créé une telle peur parmi la presse que les journalistes se cachent", a déclaré Peter Nkanga, représentant du Cpj en Afrique de l'Ouest. "Les autorités devraient veiller à ce que tous les journalistes, y compris Eric Kokinague et Malachie Mbaigara, soient libres de travailler sans crainte de représailles".

Eric Kokinague, l'éditeur du journal Tribune Info, qui publie trois fois par mois, s'est caché le 25 février après avoir été averti que des agents armés et masqués de l'Ans étaient chez lui à sa recherche, a-t-il déclaré au Cpj par téléphone d'un endroit non révélé.

Le communiqué indique que Kokinague a déclaré au Cpj que les agents ont fouillé la maison et demandé à sa femme son téléphone et son ordinateur portable, ce qu'elle n'avait pas, et qu'ils sont partis après avoir confisqué seulement des copies des éditions passées du journal.

Kokinague a déclaré qu'il craint pour sa vie et qu'il croit que l'Ans cherche à le punir pour un article dans l'édition du 22-28 février du journal, dans lequel le contributeur, Daniel Ngadjadoum/ a écrit un article traitant le Président Idriss Deby de menteur pour être revenu sur sa promesse de ne pas postuler encore une fois à la Présidence.

Deby a été réélu pour un cinquième mandat en 2016, suite à un amendement constitutionnel qui lui a permis de briguer un nouveau mandat.

Selon le communiqué, les officiers de la Ans ont arrêté Ngadjadoum le 26 février alors qu'il sortait de l'église et l'ont relâché le 1er mars, après qu'un procureur avait ordonné de le libérer sans inculpation.

Ngadjadoum a déclaré qu'il avait écrit une lettre d'excuses au gouvernement sous la menace du général Ismat Acheik, le directeur général de l'Ans, qui l'a interrogé sur ses écrits sur Deby.

Le communiqué indique que Malachie Mbaigara, l'éditeur de l'hebdomadaire Mutations, est également resté caché après que des agents de l'ANS l'ont retenu dans son bureau dans la capitale N'Djamena le 21 février et l'ont détenu pendant plusieurs heures, selon les médias et Belngar Larme, le président de l'Union des journalistes tchadiens.

Les policiers l'ont interrogé sur l'engagement du journal dans une édition précédente de publier les noms des journalistes sur la masse salariale de l'agence de renseignement national, selon les rapports. Larme a déclaré au Cpj que Mbaigara n'avait pas publié les noms après sa rencontre avec les officiers de l'Ans.

Le Cpj a déclaré que le général Ismat Acheik, directeur général de l'Ans, a répondre á un appel téléphonique alors que Madeleine Alingue, ministre des Communications, a déclaré au Cpj qu'elle était incapable de commenter.
-0- PANA MA/MTA/SOC 07mars2017

07 mars 2017 18:22:27




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