L'émissaire de l'Onu appelle à renouveler la lutte contre la violence sexuelle dans les conflits

New York, Etats-unis (PANA)   -  Le représentant spécial des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits, Mme Zainab Bangura, a indiqué que ceux qui utilisent le viol comme arme de guerre sont de plus en plus brutaux et impitoyables.

Elle a donc mis en garde contre une attitude laxiste qui permettrait aux groupes armés émergents de gagner encore du terrain et de continuer à commettre ces crimes atroces.

"Nous avons fait d'énormes progrès au cours des dernières années, mais nous devons redoubler d'efforts face à de nouvelles menaces", a déclaré Mme Bangura aux journalistes présents au siège de l'Onu à New York mardi soir, qui a coïncidé avec le premier anniversaire de l'enlèvement par Boko Haram de 276 collégiennes au Nigeria.

Elle a exhorté la Communauté internationale à renouveler son engagement et à appliquer une pression accrue afin de ne pas perdre les acquis et pour répondre aux exigences de menaces nouvelles et émergentes.

Pour recueillir ce soutien, Mme Bangura a affirmé qu'elle allait présenter le rapport de 2015 du secrétaire général des Nations unies sur les conflits liés à la violence sexuelle au Conseil de Sécurité de l'Onu mercredi.

Elle a noté que le rapport documente des crimes horribles commis dans les zones de conflit à travers le monde entre janvier et décembre 2014, et a identifié 19 pays et 45 groupes armés
soupçonnés d'avoir commis ces crimes, y compris les forces de sécurité étatiques, des groupes d'opposition et des groupes extrémistes violents.

La responsable de l'Onu a indiqué que le combat contre la violence sexuelle dans les conflits reste un défi en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, tout en ajoutant qu' "en effet, c'est un problème mondial".

Mme Bangura a également révélé que le rapport décrit les tendances inquiétantes d'acteurs nouveaux et émergents non étatiques, énumérant quelques 45 groupes transnationaux armés soupçonnés de viol et d'autres formes de violence sexuelle.

La responsable de l'Onu a noté que le rapport souligne la nécessité de fournir des efforts plus importants pour renforcer les garanties institutionnelles contre l'impunité, en disant: « Par exemple, lors de l'année écoulée, des militaires et des policiers dans les pays couverts par le rapport ont été inculpés, poursuivis et condamnés suite à des accusations de violence sexuelle liées aux conflits ".

Elle a également déclaré que davantage de femmes doivent être impliquées dans les processus de maintien et de consolidation de la paix, afin de répondre de manière adéquate aux abus et aux questions touchant les femmes et les filles.

"Il est également essentiel d'accroître les services médicaux, psychosociaux, juridiques et économiques et le soutien pour les survivants, afin qu'ils puissent reconstruire leur vie. Les systèmes nationaux et régionaux d'alerte précoce contre l''escalade de la violence sexuelle devraient être adoptés pour aider à prévenir ces atrocités avant qu'elles ne surviennent.

"Un pays qui ne respecte pas les femmes en temps de paix ne va pas protéger les femmes dans les conflits et changer la dynamique et changer la possibilité pour les femmes », a conclu Mme Bangura.

-0- PANA AA/SEG/AKA/BEH/SOC    15 avril 2015

15 avril 2015 18:23:12




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