L'arrestation de Gbagbo suscite diverses réactions au Nigeria

Lagos, Nigeria (PANA)   - Les observateurs de la scène politique ivoirienne au Nigeria, ainsi que le gouvernement et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont diversement réagi à l'arrestation de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo.

Le Dr Fred Agwu, un chercheur du Groupe de réflexion de l'Institut nigérian des affaires internationales (NIIA), basé à Lagos, a déclaré que la France n'aurait pas dû être impliquée dans l'arrestation de M. Gbagbo, stigmatisant la réputation que traîne la France en matière de principes humanitaires.

"C'est une question de perception. De mon point de vue, ce qui s'est passé est regrettable. Parce que nous connaissons tous la réputation des Français, s'agissant des principes humanitaires. Nous nous rappelons tous qu'en Sierra Leone, lorsque la situation était en ébullition et qu'il y avait un besoin urgent d'action humanitaire, les Français n'avaient rien fait", a déclaré M. Agwu dans une interview exclusive accordée à la PANA.

"Vous avez pu constater la rapidité avec laquelle ils (les Français) se sont précipités dans la brèche créée par la Résolution 1975 du Conseil de sécurité pour capturer M. Gbagbo, alors que c'était à l'ONU de le faire, pas aux Français. Je pense qu'il y avait un meilleur moyen de résoudre ce problème que nous n'avons pas complètement exploré", a conclu M. Agwu.

Le gouvernement nigérian, pour sa part, s'est félicité de l'intervention française et a invité le vainqueur reconnu par la communauté internationale à l'issue de la présidentielle de novembre 2010 en Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, à travailler à la reconstruction de son pays profondément divisé par le conflit post-électoral.

En commentant également l'arrestation de M. Gbagbo, un ancien professeur au Département des Sciences politiques de l'Université Olabisi Onabanjo d'Ago-Iwoye (Sud-ouest du Nigeria), M. Niyi Fasanmi, a exprimé son soutien à l'action française et demandé que des poursuites soient engagées contre M. Gbagbo.

"L'action de la France est la bienvenue, du fait que les diverses options diplomatiques avaient été rejetées par M. Gbagbo. Il a perdu une élection mais a refusé de céder le pouvoir au véritable vainqueur. C'est vraiment regrettable", a-t-il affirmé, indiquant que "ce qui est arrivé doit servir de leçon aux autres dirigeants africains aggrippés à leurs fauteuils".

Affirmant que "M. Gbagbo doit être jugé pour le massacre d'Ivoiriens innocents qui ont défié son régime tyrannique", M. Fasanmi a estimé que la tâche qui attendait le président Ouattara consiste à engager un processus de réconciliation, de réhabilitation et de reconstruction de ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Quant à la CEDEAO, qui s'était engagée, dès le début, à résoudre la crise en Côte d'Ivoire, elle s'est préoccupée du sort de M. Gbagbo, en invitant, dans un communiqué rendu public à Abuja par le président de la Commission de la CEDEAO, James Victor Gbeho, le président Ouattara à s'assurer que l'ex-dirigeant ivoirien soit traité avec la dignité due à son rang d'ancien chef d'Etat.
-0- PANA SB/SEG/FJG/SSB/IBA 13avril2011

13 april 2011 13:18:14




xhtml CSS