L'appropriation de la paix et de la sécurité par l'Afrique, un impératif selon le président de la CUA

Bahir Dar, Ethiopie (PANA) - Le président de la Commission de l'Union africaine (Cua), Moussa Faki Mahamat, a soutenu, samedi à l'ouverture du 7ème Forum de Haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, que l'appropriation de la paix et de la sécurité par le continent était un impératif.

Le président Faki Mahamat a souligné, dans son discours-programme sur le thème du Forum "L'appropriation de la paix et de la sécurité en Afrique: le financement et la réforme de l'Union africaine", que cette approche relevait de l'efficacité et de la recherche de solutions durables non importées et hors contexte.

"Cette appropriation est aussi un impératif que nous voulons trouver des réponses novatrices à certains des défis de notre continent", a affirmé M. Faki Mahamat.

Les conditions de cette appropriation se résument à trois aspects, a proposé le patron de la Cua.

La première est que les acteurs africains soient au devant des actions de promotion de la paix et de la bonne gouvernance économique.

"La communauté internationale peut aider, mais elle ne peut se substituer à l'Afrique", a relevé le président Faki Mahamat.

La seconde porte sur le courage politique et la discipline nécessaire que les Africains doivent avoir pour régler la problématique de la réticence des États membres vis-à-vis des mécanismes de l'organisation continentale dans la gestion et la prévention des conflits.

Enfin, le dernier aspect de l'appropriation est l'analyse approfondie par les Africains eux-mêmes à travers leurs institutions les défis à relever.

Selon le président Faki Mahamat, l'autonomie financière de l'Afrique se présente comme un préalable incontournable pour une réelle et authentique liberté d'action de l'Ua.

"Aussi longtemps que cette condition n'aura pas été remplie, la recherche de solutions africaines aux problèmes africains aura un contenu vide. Le panafricanisme moteur puissant de notre action sera vidé de son âme", a-t-il noté.

Il s'est réjoui de l'application par plus de 20 pays de la taxe de 0,2 pour cent sur les importations pour le financement significatif à terme des programmes contenus dans l'Agenda pour la paix.

Treize pays africains prélèvent déjà ces taxes et 41,6 millions de dollars ont été versés dans le fonds pour la paix avec l'objectif d'atteindre 65 millions de dollars au cours de l'année 2018.

Ce sera le niveau de contribution le plus élevé depuis la création du fonds en 1993.

Pour le président Faki Mahamat, l'Afrique est maîtresse de son destin et la relation avec ses partenaires doit se situer dans une dynamique d'accompagnement et non de substitution.

On note que l'UA a adopté un programme solide et ambitieux qui porte, entre autres, sur la paix et la sécurité, la libéralisation du commerce, l'utilisation durable des ressources naturelles et énergétiques, la sécurité alimentaire, le changement climatique et l'immigration. Cela a abouti à la mise en œuvre de plusieurs réformes dont celle de son nouveau programme de financement qui auront pour finalité la conception d'une architecture mondiale de la paix et de la sécurité au sein de laquelle, l'Afrique assume la responsabilité principale de sa zone géographique en contraste avec le statu-quo actuel qui la rend dépendante des partenaires et des acteurs extérieurs.

Depuis avril 2012, l'Institut d'études pour la paix et la sécurité de l'université d'Addis-Abeba  (Ipss) organise le Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique qui vise à contribuer à la mise en œuvre de la Déclaration de Tripoli d’août 2009 qui préconise la recherche de solutions africaines aux problèmes du continent.
-0- PANA BAL/BEH/IBA 22avr2018

22 avril 2018 08:18:49




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