"Des progrès ont été faits dans la lutte mondiale contre Ebola" (ONU)

New York, Etats-Unis (PANA) - Le Chef de la Mission des Nations Unies pour l'action d'urgence contre Ebola (MINUAUCE), Anthony Banbury, a déclaré que des progrès importants ont été faits dans le cadre de la lutte mondiale contre Ebola, soulignant que l'intensification de la riposte globale reste nécessaire pour éradiquer totalement cette épidémie mortelle.

M. Banbury, qui a fait un compte rendu à l'Assemblée générale des Nations Unies sur la riposte de la communauté internationale à l'épidémie, jeudi soir à New York, a également averti qu'il ne fallait pas baisser la garde dans la lutte contre cette maladie.

L'émissaire a particulièrement attiré l'attention sur le "bilan sinistre" de plus de 5.000 décès confirmés des suites de cette maladie, ajoutant que le véritable chiffre devrait être beaucoup plus élevé".

Il a également fait remarquer que lors de ses récentes visites dans les pays d'Afrique de l'Ouest les plus touchés, les gouvernements respectifs ont constamment insisté sur l'impact dévastateur de l'épidémie dans chaque secteur de leur société, semant la peur au sein des communautés et affectant leurs modes de vie par son bilan humain très lourd et son lot d'orphelins.

Ses autres conséquences étant la flambée des prix des denrées alimentaires, des marchés vides et l'effondrement des recettes gouvernementales.

"En même temps, beaucoup d'autres choses positives arrivent", a-t-il souligné, notant que certaines prédictions précédentes relatives à une hausse exponentielle des victimes ne s'étaient pas matérialisées.

"En fait, il y a eu des améliorations significatives dans plusieurs des régions très touchées, comme à Monrovia, la capitale du Liberia, ainsi que d'énormes progrès en ce qui concerne l'objectif affiché des Nations Unies de circonscrire et de traiter 70% des cas d'Ebola et de sécuriser 70% des inhumations d'ici le 1er décembre.

Ces pourcentages, a expliqué M. Banbury, sont actuellement de 55 et 80% respectivement, même s'il y a encore un grand nombre de cas non recensés.

Le responsable onusien a ajouté que l'action communautaire est une des principales raisons de ce progrès, saluant "ces communautés locales qui ont pris des mesures, qui ont changé leurs comportements afin de protéger elles-mêmes leurs membres; elles méritent toute notre reconnaissance".

En outre, il a déclaré que les ripostes nationales, en coordination avec les partenaires internationaux, ont fait également la différence, soulignant que les gouvernements du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée jouent un rôle de leader sérieux dans la riposte par le renforcement des structures de traitement, des capacités de dépistage et de diagnostic, de la sécurisation des inhumations et de la mobilisation sociale.

Le chef de la MINUAUCE a également salué l'approche de sa mission face aux défis en Afrique de l'Ouest, tout en soulignant que l'ONU dans son ensemble, a réagi à Ebola "d'une manière sans précédent en surmontant les obstacles bureaucratiques en un temps record". Ce dont "chacun pouvait être fier".

M. Banbury a cependant exprimé son appréhension face à la tâche qui les attend, confessant qu'il craignait "n'en avoir pas assez fait et que collectivement nous devons faire plus et plus rapidement".

"Ebola est un ennemi redoutable et nous ne gagnerons pas en lui courant après. Il nous faut le devancer. Il faut déployer plus de personnel dans les districts où sévit la maladie.

"En termes de riposte élargie, il faut davantage de structures de traitement, plus de centres de prise en charge communautaires, plus de partenaires sur le terrain pour doter ces centres en personnel et il faut une plus grande mobilité aux équipes; et il nous faut surtout de l'argent pour payer tout cela", a-t-il souligné.

Intervenant également sur le même sujet, l'Emissaire spécial du Secrétaire Général de l'ONU sur Ebola, David Nabarro, s'est déclaré "touché" par les efforts déployés pour combattre cette maladie et a réaffirmé qu'Ebola reste un des défis les plus rudes pour le monde.

Le Dr. Nabarro a cité les efforts positifs des communautés locales pour changer leurs modes de vie et leurs comportements afin de réduire les risques de contracter la maladie et il s'est dit impressionné par la coalition pour une riposte mondiale qui se mettait en place et s'activait comme une communauté unique.

Il a également invité la communauté internationale à accélérer ses efforts de riposte, en déclarant : "Continuons à apporter le maximum de soutien possible aux gouvernements".

Pour sa part, le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Sam Kutesa, a confirmé "les progrès importants" sur le terrain, suite aux récents rapports en provenance de la Guinée et du Liberia, révélant une baisse significative des taux d'infection.

M. Kutesa a averti que le nombre total de cas à travers la région restait dangereusement élevé.

"Même si nous enregistrons des progrès encourageants dans la lutte contre Ebola, nous n'avons pas encore gagné la guerre. Il faut faire plus pour que la dynamique se maintienne et que les ressources essentielles parviennent à ceux qui en ont un besoin urgent sans délai", a-t-il conclu.

-0- PANA AA/SEG/FJG/IS/SOC 14nov2014

14 novembre 2014 17:20:17




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