Des journalistes zimbabwéens accusés d'avoir insulté Mugabe, selon le Cpj

New York, États-unis (PANA) - Les autorités zimbabwéennes devraient abandonner immédiatement toutes les accusations portées contre l'éditeur du journal News Day, Wisdom Mdzungairi, et du reporter Richard Chidza, et cesser de menacer les journalistes, a annoncé lundi, le Comité pour la protection des journalistes (Cpj).

La police a d'abord demandé à Mdzungairi et à Chidza d'identifier les sources d'un article du 2 mars intitulé «Mugabe à nouveau en soins de santé», a déclaré le Cpj dans un communiqué publié lundi à New York.

Quand ils ont refusé, la police a arrêté et accusé les deux journalistes d'insulter le président du pays, a déclaré leur avocat, Obey Shava, au Cpj.

En cas de condamnation, les deux accusés sont passibles d'une peine d'emprisonnement maximale d'un an. Après des heures d'interrogatoire, la police a libéré les journalistes sous caution le 2 mars en attendant le procès, a dit l'avocat au Cpj.

«Depuis trop longtemps, les gouvernements ont utilisé des lois sur la sédition, la diffamation et l'insulte pour tenter de limiter les rapports légitimes», a déclaré Angela Quintal, coordonnatrice du programme du Cpj en Afrique. "Les autorités zimbabwéennes devraient abandonner immédiatement les accusations contre Wisdom Mdzungairi et Richard Chidza et devraient cesser de se cacher derrière de mauvaises lois conçues pour museler la presse", a-t-elle souligné.

La constitution du Zimbabwe protège expressément les journalistes contre l'obligation d'exposer leurs sources, rappelle-t-on. Chizda a déclaré au Cpj que la police avait appelé les deux journalistes lundi pour leur demander de révéler leurs sources, ce qu'ils ont de nouveau refusé.

"L'arrestation elle-même fait partie des tactiques d'intimidation du gouvernement", a dénoncé Mdzungairi au Cpj, ajoutant qu'il croyait que le gouvernement essayait de limiter les critiques avant l'élection présidentielle prévue pour l'année prochaine.

"Ils voulaient savoir pourquoi nous avions écrit cet article", a déclaré Chizda au Cpj. "Le Zimbabwe est en pleine transition et je pense que j'ai un rôle à jouer ... Le président est une personnalité publique, et je pense que le pays a le droit de savoir ce qui afflige le président", a-t-il insisté.

Le porte-parole du gouvernement zimbabwéen, George Charamba, n'a pas répondu aux appels téléphoniques et aux messages répétés du Cpj demandant des commentaires.
-0- PANA MA/MTA/BEH/SOC 07mars2017

07 mars 2017 17:56:16




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