"Défendre notre droit à la vérité", l'ONU célèbre la liberté de la presse

New York, États-unis (PANA) - Au moment où le journalisme fait l'objet d'attaques de plus en plus nombreuses dans le monde entier, de hauts responsables des Nations unies se sont joints jeudi à un appel croissant en faveur d'une meilleure protection des professionnels des médias.

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, célébrant la Journée mondiale de la liberté de la presse à travers un message vidéo, a décrit ''comment les journalistes et les professionnels des médias mettent en lumière les défis locaux et mondiaux et racontent les histoires qui méritent d'être racontées'' et a ajouté que " leur service en faveur des populations est inestimable".

"Les lois qui protègent le journalisme indépendant, la liberté d'expression et le droit à l'information, doivent être adoptées, mises en œuvre et appliquées. Les crimes contre les journalistes doivent être poursuivis'', a-t-il souligné, appelant les gouvernements à renforcer la liberté de la presse et à protéger les journalistes dans le travail essentiel qu'ils effectuent.

"Promouvoir une presse libre, c'est défendre notre droit à la vérité", a-t-il ajouté.

Selon le dernier rapport sur les tendances mondiales en matière de liberté d'expression et de développement des médias, publié par l'Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) et ses partenaires, seuls 10% des 930 meurtres de journalistes commis entre 2006 et 2016 ont été officiellement résolus.

Au cours de l'année écoulée, 79 journalistes ont été assassinés à travers le monde entier dans l'exercice de leur fonction.

Au début de cette semaine, neuf journalistes ont été enregistrés parmi les victimes d'une attaque terroriste menée en Afghanistan. Après une première attaque terroriste menée à Kaboul, la capitale, dont le bilan s'élève à de nombreux morts parmi les civils, une deuxième explosion a visé les travailleurs des médias arrivés sur les lieux pour couvrir l'attaque. Dans un autre incident le même jour, un autre journaliste afghan a été tué.

Cela porte à 32, le nombre total de journalistes assassinés jusqu'à présent cette année, à environ huit mois pour boucler l'année.

La directrice de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a promis, dans son message de la Journée, que son agence ''s'engageait à défendre la sécurité des journalistes et à lutter contre l'impunité pour les crimes commis contre eux''.

"L'idéal d'un État de droit exige des citoyens bien informés, des décisions politiques transparentes, des débats publics sur des sujets d'intérêt commun et une pluralité de points de vue qui façonnent les opinions et sapent les vérités officielles et le dogmatisme". "Ce pouvoir formateur et informatif incombe principalement à la presse et aux médias en général, sous toutes leurs formes et à travers différents médias".

"Nous ne pouvons pas devenir complaisants face à ce genre d'attaques. EIles ne peuvent pas devenir la nouvelle norme ", a déclaré le président de l'Assemblée générale, Miroslav Lajčák, lors d'une cérémonie organisée au siège de l'ONU à New York.

Le thème de la Journée de cette année est ''Garder le contrôle : médias, justice et Etat de droit». Il souligne l'importance de disposer de lois qui sauvegardent la liberté de la presse et accordent une attention particulière au rôle d'un pouvoir judiciaire indépendant pour garantir la liberté de la presse et poursuivre les crimes contre les journalistes.

L'UNESCO s'est associée à 40 organes de presse pour lancer une campagne visant à encourager les lecteurs à regarder au-delà de leurs points de vente habituels et à s'engager activement auprès de sources d'information alternatives. Le slogan de la campagne, "Lire plus. Écoutez plus. Mieux comprendre. Tout commence par une presse libre ", a été mis en exergue lors de la célébration officielle de la Journée mondiale à Accra, la capitale ghanéenne.

En Somalie, le représentant spécial des Nations unies, Michael Keating, a salué le courage et le dévouement des journalistes du pays qui travaillent dans l'un des environnements les plus dangereux au monde pour les professionnels des médias.

"Je salue les centaines de journalistes somaliens qui risquent leurs vies au quotidien pour faire leur travail", a déclaré M. Keating. "Un média d'information véritablement libre et indépendant est indispensable dans toutes les sociétés démocratiques, un moyen essentiel pour la reddition des comptes des hommes puissants".

Il a ajouté qu'il était essentiel pour les médias de faire leur travail, consistant à mettre un terme à la culture de l'impunité qui, malheureusement, prévaut pour les crimes commis contre les journalistes".
-0- PANA MA/ASA/BEH/SOC 4mai2018

04 may 2018 18:31:32




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