«Plus de justice et moins de discrimination envers les patients vivant avec le VIH», selon ONUSIDA

Port-Louis, Maurice (PANA) - Le conseiller principal en droits humains et aux lois auprès de l'ONUSIDA en Afrique, Béchir Ndaw, a estimé que la restriction d’entrée aux étrangers vivant avec le VIH est une pratique discriminatoire et il demande à Maurice de la lever car cette mesure ne va pas davantage protéger la santé publique.

Dans un entretien accordé mardi à la PANA, M. Ndaw, en visite actuellement dans l’île, a dit que Maurice fait partie aujourd'hui des 38 pays dans le monde qui continuent à appliquer cette restriction de séjour aux Personnes vivant avec le VIH sur son territoire.

«Maurice a sa place dans le concert des grands pays démocratiques. Le souci est de faire en sorte qu'il y ait plus de justice et moins de discrimination vis-à-vis des Personnes vivant avec le VIH», a-t-il déclaré.

M. Ndaw a dit que la principale préoccupation de tout pays est l'impact que pourrait avoir la levée de cette restriction à l'entrée sur les fonds publics et les coûts liés à la santé.

« Je dois dire que jusqu'à présent, tous les pays qui ont levé cette restriction ne sont plus revenus sur leur décision puisqu'ils se sont rendus compte que leurs préoccupations, légitimes au départ, n'ont pas été confirmées. Il n'y a pas eu de plus grande prévalence de VIH à cause de la levée de cette restriction», a-t-il indiqué.

Selon lui, il faut éviter de voir en une Personne vivant avec le VIH comme un fardeau social.

« Aujourd'hui, cette personne est sous traitement, vit plus longtemps, pratique des activités normales. Elle travaille, paie des impôts et elle est utile à la société», a-t-il fait ressortir.

Entre-temps, Maurice accueille environ un million de touristes chaque année, presque un touriste pour chaque Mauricien.

«C'est une pratique discriminatoire lorsqu'on pense qu'une personne souhaite venir travailler à Maurice « dans les secteurs du textile ou de l'agro-industrie pour avoir une vie meilleure et non pas pour devenir une charge pour la société mauricienne». «Elle va vivre selon les lois et les coutumes du pays. Donc, pourquoi imposer cette restriction?», s’est-il interrogé.

Le conseiller principal de l’ONUSIDA en Afrique a dit que l'accès au traitement est universel aujourd’hui dans presque tous les pays du monde. Donc, ce n'est plus, a-t-il ajouté, «un argument de dire qu'en laissant les Personnes vivant avec le VIH entrer dans l'île, on va alourdir le budget de la santé ».

Selon M. Ndaw, le traitement d'une Personne vivant avec le VIH coûte moins de 80 dollars par an aujourd’hui contre 12.000 à 15.000 dollars, il y a quelques années. «Cela grâce aux médicaments génériques de très bonne qualité qui viennent de l'Inde et du Brésil», a-t-il poursuivi, avant de conclure que le coût du traitement n’a rien à voir avec la restriction d’entrée imposée aux Personnes vivant avec le VIH à Maurice.
-0- PANA-NA/BEH/IBA 12août2014

12 août 2014 14:08:04




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