« L’année académique en cours peut être sauvée malgré les agitations scolaires », selon le ministre nigérien de l’Education

Niamey, Niger (PANA) – « L’année académique en cours peut être sauvée, eu égard au taux d’exécution de l’enseignement qui tourne autour de 60 à 70%, selon les régions du pays », a estimé dimanche, le ministre nigérien en charge de l’Enseignement primaire, Daouda Marthé, interpellé devant le parlement sur la situation de l’école nigérienne.

Selon l’Agence nigérienne de presse (ANP), c’est dès la rentrée académique 2016-2017, en octobre dernier, que l’école nigérienne est quasiment en proie à des mouvements de grève des enseignants et des élèves et même des marches de protestation pour divers motifs, dont les réformes engagées par le gouvernement, les réclamations de salaires et autres avantages, ou encore l’amélioration des conditions de vie et de travail aussi bien des enseignants que des élèves.

L’ANP rapporte que la situation "inquiétante" du système éducatif nigérien, actuellement marquée par de multiples perturbations, était en débat au Parlement ce dimanche suite à deux interpellations adressées au gouvernement par les deux bords politiques qui composent l’Assemblée nationale (la Majorité et l’Opposition parlementaires).

« Les parlementaires voulaient donc savoir un peu plus sur le niveau de l’enseignement en général, et en particulier sur celui des accords conclus entre le gouvernement et les syndicats du secteur de l’éducation, l’objet de l’évaluation des enseignants, etc. », souligne l’ANP.

Pour y répondre, ce sont le ministre de l’Enseignement primaire, de l’Alphabétisation, de la Promotion des langues nationales et de l’Education civique, M. Daouda Mamadou Marthé, et le ministre d’Etat de l’Intérieur, Bazoum Mohamed, en tant que président du Comité interministériel chargé de négociations avec les syndicats qui se sont succédés à la tribune de l’Assemblée nationale.

Faisant le point des efforts déployés par le gouvernement dans ce secteur et qui vont de l’adoption d’une politique éducative efficiente à l’augmentation des salaires des enseignants, en passant par la construction de classes, le ministre Marthé a souligné que la situation actuelle de l’école nigérienne était la résultante des politiques antérieures, particulièrement le Plan  décennal de développement de l’éducation (Pdde).

Mais, a dit le ministre en charge de l’Enseignement primaire, « l’année académique en cours peut être sauvée », eu égard au taux d’exécution de l’enseignement qui tourne autour de 60 à 70%, selon les régions du pays.

Relativement à la question d’évaluation sur laquelle le gouvernement et les syndicats du secteur n’ont pas la même lecture, M. Marthé a informé les députés qu’elle est issue d’un processus qui a pris corps suite à une évaluation qui a concerné plusieurs pays de la sous-région et qui a révélé que « les élèves du Niger sont les moins performants », du fait du « niveau des enseignants ». Elle devrait permettre, a-t-il expliqué, « de situer les forces et les faiblesses académiques de chaque enseignant ».

Après avoir rapporté les investigations menées dans le secteur par la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (Halcia) et qui révèlent, au niveau des enseignants, plusieurs cas de doublons et même d’enseignants fictifs, le ministre de l’Enseignement primaire a invité les députés à un débat devant déboucher sur des pistes de solutions, vu que « la question de l’éducation ne doit pas être considérée comme politique, mais comme d’intérêt national ». Sinon, a-t-il averti, « on risque d’aboutir à un génocide intellectuel » au Niger.

Quant au président du Comité interministériel chargé des négociations avec les syndicats, il a fait le point des travaux aux parlementaires, lesquels ont abouti à la signature, le 13 décembre 2016, á un accord avec la coalition des syndicats de l’Education. Mais ces derniers continuent malgré tout leur mouvement de grève, exigeant l’application stricte de cet accord.

Pourtant, a dit Bazoum Mohamed, « l’ensemble des points de leurs revendications ont connu des règlements », citant notamment l’apurement des arriérés de pécules, le retour sur les affectations jugées arbitraires, ou encore l’affectation des matricules aux enseignants recrutés en 2013, 2014, 2015.

Il a, en outre, informé les députés, que les syndicats avaient pris acte de la position du gouvernement, tenant compte de ses capacités financières, de ne pas prendre d’engagements immédiats sur les autres points qui auront des incidences financières directes.
-0- PANA SA/BEH/SOC 10avr2017

10 avril 2017 16:56:05




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